Elue adjointe au maire durant les
mandats de Roger Combrisson, je vous livre un des souvenirs qui me lie à
votre quartier. Je conduisais il y a peu une amie rue St-Lazare,
j’arrive sur ce que j’ai toujours appelé « la papette ». Le changement
entre mes souvenirs et ce que je voyais m’a fait croire, un instant, que
je m’étais trompée de lieu. Des souvenirs sont remontés d’un coup me
laissant un peu désemparée je l’avoue.
AVANT
car il y eu un AVANT pour ce quartier. Je l’aimais beaucoup. Il était
vivant. Il me rappelait le quartier où j’ai toujours vécu : la CITE
DUNLOP à MONTLUÇON.
- l’USINE avec tous ses salariés qui entraient et sortaient selon les équipes
- les
logements des ouvriers en face l’usine. Les ouvriers partirent ensuite
dans les logements DARBLAY à VILLABE – plus spacieux, mieux équipés.
- et, bien sûr la vie de l’entreprise, les luttes des salariés lorsque les « progrès techniques » justifiaient les licenciements.
Combien
de fois , en tant qu’adjointe au Maire de « l’époque" Roger COMBRISSON,
j’ai accompagné des délégations chez le Préfet, au ministère de
l’économie.
Cette
volonté de défendre leur entreprise, leur savoir-faire, leur analyse
fine de ce qu’ils vivaient, le sens de la responsabilité de chacune, de
chacun me rappelaient , là encore, l’usine DUNLOP où les mêmes luttes,
pour les mêmes raisons avaient rythmé ma jeunesse.
J’étais
Conseillère Générale à l’époque; C’est la raison pour laquelle , le
cabinet du Préfet de l’Essonne m’appelle, dans la nuit: "le directeur de
la papeterie est enfermé dans son bureau par les ouvriers. Une telle
situation n’est pas possible, etc .. » Je pars chez DARBLAY pour voir
exactement la situation. Je connaissais le scénario. Là encore les
salariés de DUNLOP avaient fait la même chose quelques années auparavant
afin d’être enfin écoutés.
Et
voilà comment une sorte de fil d’une puissance extraordinaire relie à
des Kms. et des années plus tard, les salariés des pneumatiques et les
papetiers .
Et, aujourd’hui je vois le nouvau quartier DARBLAY.
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