samedi 25 avril 2020

Témoignage Aline Marti: quelques aînés nous transmettent la mémoire du quartier

Elue adjointe au maire durant les mandats de Roger Combrisson, je vous livre un des souvenirs qui me lie à votre quartier. Je conduisais il y a peu une amie rue St-Lazare, j’arrive sur ce que j’ai toujours appelé « la papette ». Le changement entre mes souvenirs et ce que je voyais m’a fait croire, un instant, que je m’étais trompée de lieu. Des souvenirs sont remontés d’un  coup me laissant un peu désemparée je l’avoue.
 
AVANT  car il y eu un AVANT pour ce quartier. Je l’aimais beaucoup. Il était vivant. Il me rappelait le quartier où j’ai toujours vécu : la CITE DUNLOP à MONTLUÇON.
-          l’USINE avec tous ses  salariés qui entraient et sortaient selon les équipes
-          les logements des ouvriers en face l’usine. Les ouvriers partirent ensuite dans les logements DARBLAY à VILLABE – plus spacieux, mieux équipés.
-          et, bien sûr la vie de l’entreprise, les luttes des salariés lorsque les « progrès techniques » justifiaient les licenciements.

            Combien de fois , en tant qu’adjointe au Maire de « l’époque" Roger COMBRISSON, j’ai accompagné des délégations chez le Préfet, au ministère de l’économie.
 
Cette volonté de défendre leur entreprise, leur savoir-faire, leur analyse fine de ce qu’ils vivaient, le sens de la responsabilité de chacune, de chacun me rappelaient , là encore, l’usine DUNLOP où les mêmes luttes, pour les mêmes raisons avaient rythmé ma jeunesse.
 
J’étais Conseillère Générale à l’époque; C’est la raison pour laquelle , le cabinet du Préfet de l’Essonne m’appelle, dans la nuit: "le directeur de la papeterie est enfermé dans son bureau par les ouvriers. Une telle situation n’est pas possible, etc  .. »  Je pars chez DARBLAY pour voir exactement la situation. Je connaissais le scénario. Là encore les salariés de DUNLOP avaient fait la même chose quelques années auparavant afin d’être enfin écoutés.
 
Et voilà comment une sorte de fil d’une puissance extraordinaire relie à des Kms. et des années plus tard, les salariés des pneumatiques et les papetiers .
 
Et, aujourd’hui je vois le nouvau quartier DARBLAY.
 
Il n’a plus pour moi ce même parfum. Mais la  vitalité, la fraternité, la rencontre germent ailleurs. J’y crois. Bravo à voter association solidaire.

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